ÉDITO
Après Sébastopol, nous retrouvons la Bataille d’Angleterre, dans une seconde partie s’étalant sur plus d’un mois. Les combats aériens furent particulièrement intenses et meurtriers pour les deux camps. Hitler ayant déjà « la tête en URSS » et surtout aucun débarquement n’ayant été planifié, la Luftwaffe s’use littéralement dans une lutte inutile contre la RAF. Les aviateurs allemands tombent par dizaines chaque jour, pour la propagande, alors que les responsables au plus haut sommet de l’état se penchent déjà sur de futures conquêtes à l’Est. La vie de ces jeunes gens n’importe guère dans la masse et seules les familles, qui n’ont pas voix au chapitre, s’en soucient. Hitler commet à ce moment sa plus grande erreur : celle de délaisser plus ou moins les combats contre la Grande-Bretagne, pour ouvrir un second front et mener une guerre qui sera fatale à l’Allemagne et surtout au régime nazi. Il faut d’ailleurs se resituer dans le contexte de l’époque et parfois lire les commentaires des responsables allemands pour comprendre que cette guerre contre la Grande-Bretagne est, pour eux, contre nature. Hitler admire d’ailleurs les Britanniques, auxquels il reproche (tout comme à la France) d’avoir « mis l’Europe à feu et à sang » en déclarant la guerre en septembre 1939 ! Il souhaite donc ardemment que ce conflit s’arrête, afin qu’il ait les mains libres à l’Est. Une vision bien éloignée de celle de Churchill qui pense lui que le « mal » est bel et bien le régime nazi, qu’il place d’ailleurs au même rang que celui de l’URSS. Les dirigeants nazis se tromperont d’ailleurs tout le temps quant à la volonté britannique ; Goebbels détectant continuellement des signes de conflit ou de révolte dans la classe politique anglaise au sujet de la guerre. Certes, Churchill dut parfois faire face à une certaine grogne, y compris dans son propre parti mais il faut savoir que ces discussions n’entamèrent jamais la volonté du peuple britannique de mener la guerre à son terme, c’est-à-dire à la destruction de l’Allemagne nazie… Cette seconde partie de la célèbre Bataille d’Angleterre met donc en évidence toute la stupidité de ces combats. Churchill était d’ailleurs bien au courant de l’absence de tout plan concernant un débarquement allemand en Angleterre.
Bien entendu, une troisième partie traitera des bombardements menés contre Londres et d’autres grandes villes britanniques. Mais avant cela, Batailles Aériennes renouera avec le Pacifique en consacrant un numéro à la conquête japonaise de la Malaisie et de Singapour.
Bonne lecture et Meilleurs vœux pour cette année 2007.
Michel Ledet. |